Charge mentale des managers : que peuvent faire les RH et les dirigeants ?
Les RH et les dirigeants peuvent agir sur la charge mentale des managers en créant les conditions pour la voir (espaces d’échange, indicateurs, signaux faibles), en traitant les causes organisationnelles et en équipant les managers d’outils concrets de régulation. La question n’est pas « est-ce que mes managers vont bien ? » mais « ai-je mis en place ce qu’il faut pour le savoir, et pour agir avant qu’il soit trop tard ? »
Un sujet de prévention des risques psychosociaux
La charge mentale des managers s’inscrit dans les six familles de facteurs de risque identifiées par Michel Gollac : exigences du travail, charge émotionnelle, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs, insécurité. Les managers cumulent souvent plusieurs de ces facteurs, avec une charge émotionnelle spécifique (porter les difficultés des autres) et des conflits de valeurs fréquents (appliquer des décisions qu’ils ne partagent pas). Traiter leur charge mentale, c’est de la prévention primaire, pas du confort.
Ce que coûte l’inaction
Un arrêt pour épuisement d’un manager coûte plusieurs mois de continuité perdue, une réorganisation d’équipe et une perte de repères pour les collaborateurs. Le coût visible est réel ; le coût invisible, la dynamique d’équipe qui se dégrade pendant les semaines précédant l’arrêt, l’est rarement mesuré. Agir en amont coûte toujours moins cher.
Trois actions concrètes
La première est de rendre le sujet parlable : un point régulier où le manager peut dire ce qu’il porte, sans que cela soit interprété comme une faiblesse. La deuxième est de traiter ce qui relève de l’organisation : injonctions contradictoires, réunions inutiles, absence d’arbitrage, effectifs. Aucun outil individuel ne compense une organisation qui produit de la surcharge. La troisième est d’équiper les managers d’outils praticables seuls, en quelques minutes : régulation du système nerveux, gestion des ruminations, limites, hygiène de récupération. C’est un signal managérial fort : l’organisation reconnaît que « tenir » n’est pas une compétence innée et prend sa part de responsabilité.
Le parcours Alléger sa charge mentale, un parcours de 21 jours, conçu par Valérie et Olivier Broni, praticiens spécialisés en prévention des risques psychosociaux, se déploie auprès d’une équipe de managers sans mobiliser de journées entières : 21 séances de 10 à 15 minutes, en autonomie, certificat inclus. Voir aussi notre formation Prévenir et agir face aux risques psychosociaux.
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